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1er mai 2011

1er mai 2011        

 

D’Iran à nos camarades révolutionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord.

 

Les peuples de Tunisie, d’Égypte, de Syrie, de Palestine… sont aussi nos peuples! Les réactionnaires et les impérialistes nous ont imposé des frontières artificielles, mais l’exploitation et l’oppression dont nous sommes tous victimes ont uni nos cœurs d’un même battement.

 

Lorsque les misérables de la terre - les esclaves, les paysans, les travailleurs, les femmes et tous ceux qui sont opprimés- se redressent et lèvent leur regard jusqu’à l’émancipation qui se trouve à l’horizon, un nouveau chapitre de l’histoire commence - un chapitre où ceux-ci ne sont plus des victimes sans voix et sans visages, mais bien les acteurs primordiaux de l’époque.

 

À une époque où le système capital-impérialiste et ses incarnations dans différents pays semblent éternels et où la possibilité d’un monde différent se voile à notre regard, les luttes des peuples de Tunisie et d’Égypte ont ouvert un nouveau chapitre de l’histoire et ont accroché des sourires aux visages des exploités et des opprimés partout à travers la planète. Les soulèvements de ces peuples ont pourfendu le désespoir ainsi que l’idée selon laquelle le statut quo opprimant et suffocant de ces pays était éternel. Lorsque les protestations verbales d’hier sont devenues des révoltes pleines d’une colère justifiée et que les cliques dirigeantes corrompues ont chuté dans la disgrâce, une nouvelle étape excitante du processus de développement du Moyen-Orient a commencé. Quand ces peuples se sont puissamment mobilisés afin de prendre en main leur destin, ils ont donné de l’espoir et un sentiment que tout était possible à tous les opprimés de la Terre, car ce qu’ils ont fait a rendu les rêves utopiques plus accessibles que jamais.

 

Mohammed Bu Aziz a été l’étincelle créant l’explosion dont l’onde de choc a été ressentie au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie, en Algérie, en Syrie… explosion qui a dévasté les régimes satellites de l’impérialisme dans le monde arabe et qui a amené des millions de personnes à participer à la vie politique, permettant ainsi l’éclosion de leur potentiel extraordinaire.

 

Les communistes ont, plus que tous les autres, accueilli les bras ouverts cette éclosion. De l’autre côté, l’éruption de ces volcans populaires a frappé au cœur les états réactionnaires de la région, de même que ceux de l’Europe et des impérialistes américains qui considèrent cette région comme la clé de leur domination mondiale. Ils font d’ailleurs de leur mieux pour domestiquer ces soulèvements.

 

Les révoltes des peuples de Tunisie et d’Égypte ont inspiré des centaines de milliers de jeunes et de vieux en Iran et ont induit un sentiment d’amitié et l’idée selon laquelle ils partagent le même sort que les peuples de ces pays. Ces soulèvements ont contribué à affaiblir les idées anti-arabes, idées chauvines et putrescentes ayant été créées et popularisées sous le régime du Shah et encore aujourd’hui sous le régime islamiste.  Les gens dans les rues de Tunisie et d’Égypte qui chantaient «  al shab yorid esghat-al-nizam » (Le peuple veut la chute du système) ont rappelé à la jeunesse militante et courageuse de Téhéran que le programme et les buts réactionnaires du « Mouvement Vert » - réformer le système et faire revivre l’ère de Khomeiny - doivent être mis à l’écart. Les protestations militantes du peuple de Téhéran et d’autres régions iraniennes, le 14 février 2011, qui ont entonné « Ben Ali, puis Moubarak et maintenant Seid Ali » (le nom de Khamenei) ont sans aucun doute été inspirées et ont constitué un écho aux révoltes tunisienne et égyptienne.

 

Durant ces conjonctures si inspirantes, les masses populaires ont appris que les opprimées - qu’ils soient iraniens, arabes, africains, asiatiques, européens, sont de la même race, de même que les ennemis. Nous, communistes révolutionnaires d’Iran, saluons les peuples de Tunisie, d’Égypte, de Syrie et de partout ailleurs qui se sont levés afin de mettre fin à l’oppression et à l’exploitation. Nous sommes fiers d’eux et nous valorisons grandement ce que ces soulèvements ont jusqu’ici accompli.

La lutte pour accomplir une véritable révolution vient tout juste de commencer. Ben Ali et Moubarak n’étaient que de simples têtes dirigeantes. Leur régime tenait les rênes de la machinerie étatique. Et leur état protège un système socioéconomique exploiteur et oppressif. Le peuple s’est dressé afin de renverser ce vieux système et il a accompli de grandes choses. Cependant, le chemin s’annonce tortueux, parce que ce vieux système est toujours dominant et n’a pas été éliminé. De grandes opportunités s’offrent pour ceux qui veulent un monde différent, mais de graves dangers menacent ces soulèvements populaires.

 

La question est donc : quel est ce chemin et de quoi sera-t-il pave ? Une répétition de l’amère défaite de la révolution iranienne n’est assurément pas inéluctable. Les leçons tirées de l’échec de cette révolution peuvent être d’une grande valeur pour les combattants du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Lorsque la révolution iranienne a été vaincue, une des rares possibilités de transformation révolutionnaire de l’Iran et du Moyen-Orient a été perdue. Armons-nous donc de l’unité internationale et prévenons une répétition d’une telle défaite sous de nouveaux habits. Que les peuples de la Terre célèbrent fièrement la victoire d’une révolution authentique dans cette région.

 

La défaite de la révolution en Iran

 

En 1979 en Iran, des millions de travailleurs, de paysans, d’étudiants et de membres de nationalités opprimées se sont soulevés et ont renversé le régime du Shah, régime qui avait été le produit d’un coup d’état fomenté par la CIA contre le régime du docteur Mossadegh en 1953. Cet événement en a surpris plus d’un, surtout que, un an auparavant, le président américain Carter avait déclaré l’Iran du Shah : « un îlot de stabilité au sein du Moyen-Orient ». Suite à la chute du Shah, des failles sont apparues dans la chape de plomb de la domination américaine du Moyen-Orient.

 

Quand la société iranienne a explosé, différentes factions et mouvements politiques ont joint la mêlée afin de mettre de l’avant leur agenda et de contrôler le futur du peuple iranien. Parmi eux, il y avait les fondamentalistes islamistes qui avaient déjà été complices du coup d’état Shah-CIA de 1953. Les puissances impérialistes se sont également impliquées avec l’énergie du désespoir afin d’empêcher un renversement complet de la classe à la solde de l’impérialisme et du système capitaliste en Iran. Pour ce faire, elles se sont alliées aux fondamentalistes islamistes. Elles ont ouvert la voie à la prise du pouvoir par Khomeiny et ses cohortes et alliés afin de pouvoir transformer, avec leur aide, la révolution en contre-révolution. Sous les ordres des États-Unis, l’armée du Shah a ainsi transféré sa loyauté à Khomeini et à son entourage. Pétris d’illusions, les masses ont naïvement accueilli les chars d’assaut et les soldats avec des fleurs. Le changement du slogan populaire « Liberté-Indépendance » en « Liberté-Indépendance-République Islamique » a signalé le début d’une catastrophe, mais le peuple n’en a pas immédiatement pris conscience.

 

Après la chute du régime du Shah, l’alliance des fondamentalistes islamistes menée par Khomeini a restructuré l’ancien despotisme en un nouveau despotisme religieux. Ils ont, dans ce processus, reçu l’aide des partis bourgeois s’étant opposé au régime du Shah. Au référendum organisé par la nouvelle alliance dirigeante, une majorité du peuple a voté « oui » à l’avènement de la République Islamique d’Iran. En sus de l’armée, une nouvelle force appelée « Le corps des Pasdaran » a été créée. Le nouveau régime a, en se fondant sur les cadres de l’appareil sécuritaire du régime du Shah - l’infâme SAVAK – réparé et réorganisé l’appareil étatique de sécurité. L’ancienne constitution a été remplacée par une nouvelle constitution théocratique qui était cent fois plus réactionnaire, mais, de toutes façons, le droit et la loi n’avaient aucune importance sous le nouveau régime comme sous l’ancien.

 

Plusieurs semaines après l’accession de Khomeiny au trône de la monarchie islamique, celui-ci a monté une attaque contre les droits des femmes et a promulgué la directive rendant le port du hijab obligatoire. Cet assaut flagrant a été le premier coup porté contre les illusions du peuple. Il est devenu clair - à tout le moins aux yeux des femmes iraniennes rebelles - que ce qui avait été porté au pouvoir n’était pas une révolution, mais bien une contre-révolution malfaisante. Khomeiny a ensuite ordonné la suppression sanglante du mouvement des populations arabes du Khuzestân (dans le sud de l’Iran). L’armée et le corps des Pasdaran ont attaqué les paysans qui s’étaient soulevés pour obtenir des terres et, plus tard, les membres de nationalités opprimées qui demandaient l’égalité nationale dans des endroits comme le Turkuman, le Sahara et le Kurdistan. Les gangs du Hezbollah et les forces de sécurité ont assailli les conseils de travailleurs, les associations de paysans, les organisations étudiantes, les conseils d’infirmières et de travailleurs hospitaliers, les professeurs et les enseignants des écoles et des universités etc. La plupart de ces organes de masse s’étaient organisés durant la mobilisation et l’organisation visant à renverser le régime du Shah et plusieurs d’entre eux étaient menés par des communistes révolutionnaires  qui étaient clandestinement revenus d’exil et orchestraient depuis les luttes révolutionnaires et l’autonomisation des masses prolétaires, paysannes et populaires de la société. Une lutte intense commençait entre la révolution et la contre-révolution.

 

Ces démêlées avaient lieu à l’intérieur d’un cadre mondial plus large et englobant. À l’époque où le peuple iranien se soulevait pour renverser le régime du Shah et ses maîtres américains, la contre-révolution assurait chaque jour davantage son emprise sur le monde. Les mouvements sociaux occidentaux refluaient et les mouvements anticolonialistes et nationalistes de l’Afrique et de l’Asie qui avaient obtenu plusieurs succès sous un leadership bourgeois avaient misérablement échoué à produire de « meilleures » sociétés. Dans la majorité de ces mouvements, les forces communistes étaient marginales. Dans plusieurs cas, elles s’étaient dissoutes dans des fronts menés par des forces bourgeoises ou elles avaient été massacrées par des forces islamistes ou nationalistes ou par les impérialistes eux-mêmes (par exemple, les centaines de milliers de communistes tués en Indonésie lors d’opérations conjointement menées par la CIA et l’armée).

 

Un autre facteur international qui a rendu la situation très défavorable aux communistes révolutionnaires a été la mort de Mao Tse Tong en 1976 et le rétablissement subséquent du capitalisme en Chine socialiste. Cet événement a été la pire défaite pour la révolution mondiale. Un grand pays populeux qui était auparavant un fondement de la révolution prolétarienne mondiale est devenu un pilier du système capitaliste. La Chine a changé, passant d’un pays sur la voie socialiste à un pays capitaliste vicieux. Cette régression a eu un immense impact négatif sur le monde. Parmi les opprimés de la planète, le sentiment que la révolution socialiste était la seule voie d’émancipation a été terriblement meurtri. Des campagnes internationales de « mort du communisme » menées par les puissances mondiales ont commencé. De plus, le conflit entre les deux blocs impérialistes - le bloc occidental mené par les États-Unis et le bloc de l’est mené par l’Union Soviétique - a rendu la situation extrêmement compliquée. (À ce moment là, l’Union Soviétique était un état impérialiste pratiquant un capitalisme étatique et pour lequel le socialisme n’était qu’un masque pratique !).

 

En plus de la situation défavorable, les forces communistes en Iran ont également joué un rôle négatif - elles ont échoué à proposer un programme national unifié pour renverser et détruire l’ancien état et établir un nouvel état à l’aide d’un programme de révolution sociale. La majorité des communistes se sont rebattus sur le développement spontané du mouvement ouvrier et sa transformation en révolution socialiste. Mais la révolution n’est pas une affaire spontanée. Et si elles sont laissées à la spontanéité, les forces organisées des classes réactionnaires vont sûrement accaparer le leadership des masses et imposer leur programme sociopolitique. Les forces communistes n’ont pas pris au sérieux le caractère théocratique du nouveau régime et ont même ignoré la rébellion des femmes contre celui-ci - une révolte contre la directive rendant obligatoire le port du hijab donné par Khomeiny, révolte qui a duré du 8 au 13 mars 1979. Le caractère théocratique de l’état avait objectivement augmenté l’importance de la lutte idéologique et d’une critique radicale de la religion. Mais les forces communistes iraniennes se sont détournées de ces tâches, pensant que la clé pour se débarrasser des influences idéologiques du régime islamiste était d’accentuer les « problèmes économiques » et espérer que suite à « l’aggravation de la situation économique », les travailleurs allaient faire la grève et mener une insurrection.

 

Le résultat de cette conception a été une ligne purement économiste qui a entièrement concentré l’attention des travailleurs sur les problèmes « immédiats ». Mais le fait demeurait que, suite à l’établissement de la République Islamique, le droit le plus important des travailleurs avait été bafoué - la révolution qui amenait avec elle la possibilité de s’emparer du pouvoir, de mettre sur pied une nouvelle société fondée sur l’abolition de l’oppression et de l’exploitation avait été confisquée et on avait dérobé à la classe prolétarienne cette opportunité historique. Cela était le problème le plus urgent de la classe prolétarienne et des autres forces sociales opprimées et exploitées. Mais, à ce moment là, les forces communistes se sont retrouvées incapables d’exprimer et de représenter cette nécessité.

 

Par ailleurs, un grand schisme est apparu quant à la nature de l’opposition entre la République Islamique et l’impérialisme américain. Une mouvance de droite a émergé et elle a séparé la lutte contre l’impérialisme de la lutte contre les forces islamiques réactionnaires qui dirigeaient le pays. Mais, la vérité est que les puissances impérialistes et les classes réactionnaires « du pays » sont différentes facettes du même système de classe mondiale. Les contradictions entre le fondamentalisme islamique et l’impérialisme qui ont marqué la scène politique en Iran et au Moyen-Orient sont de nature réactionnaire. Ces deux facettes représentent des systèmes sociaux réactionnaires et putrescents et ils doivent être renversés.

 

Ces facteurs objectifs et subjectifs se sont trouvés réunis et ils ont ouvert la voie à la mainmise des forces islamistes fondamentalistes sur le pouvoir en Iran en 1979. La crise révolutionnaire qui avait secoué la société a été résolue négativement et cette résolution a amené trois décades de catastrophes pour la classe ouvrière et pour le peuple d’Iran et elle a également eu un impact extraordinairement négatif sur la tendance de la révolution au Moyen-Orient et ailleurs sur la planète, tout en renforçant le courant contre-révolutionnaire. Il est vrai que les communistes révolutionnaires iraniens étaient séparés et traversés par des crises politiques et idéologiques, mais ils ont néanmoins héroïquement combattu pour empêcher que la révolution n’avorte et ne soit transmutée en contre-révolution. La bataille entre révolution et contre-révolution a fait rage dans les usines, les universités, les campagnes, dans les conseils scolaires et hospitaliers et sur les champs de bataille des guerres révolutionnaires. La République Islamique pouvait finalement consolider sa domination.

 

La consolidation du système théocratique en Iran était, en fait, un épisode de la situation mondiale et de la domination sans partage de la contre-révolution.

 

Les soulèvements en Tunisie et en Égypte ont créé une nouvelle vague d’espoir dans le monde. La lutte dans ces pays peut atteindre de nouveaux sommets et amener le peuple révolutionnaire à une confrontation sérieuse avec la totalité des états dirigeants. Ces états sont dirigés par des classes exploitantes liées au système capitaliste mondial et qui assoient leur domination sur les forces de la loi et de l’ordre, telles la police et l’armée.

 

Face à ce nouveau chapitre de la lutte des classes, quelles sont les tâches des communistes dans ces pays et partout ailleurs ? Est-ce que cette nouvelle vague de lutte des classes pourra abattre les mouvements contre-révolutionnaires et anti-communistes des quatre dernières décades et placer la révolution comme but ultime des soulèvements des peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et de ceux à venir? Est-ce qu’elle pourra ouvrir l’esprit des personnes au communisme et à la révolution communiste comme unique moyen de se débarrasser des systèmes locaux réactionnaires et nuisibles ainsi que du système capitaliste mondial ?

 

 

Remettre la Révolution au cœur des mouvements

 

La révolution est un champ de luttes et de conflits entre différentes classes. Nous avons vu cela dans l’expérience iranienne et nous le voyons aujourd’hui en Tunisie et en Égypte et dans les autres pays où les peuples se soulèvent.

 

D’un côté, les centres de pouvoir mondiaux essaient d’apaiser et de satisfaire le peuple en lui faisant de pitoyables concessions ou, tout au plus, en changeant les Gardiens du système. De l’autre côté, il y a une opportunité et un potentiel extraordinaires de donner d’autres coups à ce système suranné et de finalement le réduire en pièces à l’aide d’une révolution authentique. Ce sont là deux voies radicalement différentes. Si la seconde voie l’emporte, le visage de cette région et celui du monde changeront à jamais en faveur des peuples de partout sur Terre. Mais, pour s’assurer que l’on emprunte cette voie, des millions de personnes devront apprendre ce qu’est une vraie révolution, ce que sera la société désirée et dont ils ont besoin et ils devront découvrir quelle classe, quel leadership pourra les y mener. Si les millions ne prennent pas conscience de ce qu’il faut faire et s’ils ne s’organisent pas en conséquence, les ennemis continueront de leur vendre n’importe quoi sous la bannière douteuse de la « révolution ». C’est ce qui est arrivé en Iran en 1979 et, conséquemment, la situation est demeurée fondamentalement inchangée et a même empiré. Si le peuple n’a pas de mouvement communiste révolutionnaire qui pourrait faire avancer la réponse pour "ce que nous voulons" de la position du prolétariat, des opprimés et des exploités de la société, si le peuple n’a pas de mouvement communiste révolutionnaire pour mener le combat à se battre pour cet objectif, les classes réactionnaires et leurs représentants imposeront leur propre programme aux masses et leur diront « ce qu’elles doivent vouloir ».

 

La mise en pièces de la totalité des structures politiques dirigeantes par un peuple révolutionnaire conscientisé, la mise sur pied d’un nouvel état désirant et pouvant enlever le pouvoir aux capitalistes, aux grands propriétaires fonciers et aux impérialistes, d’un nouvel état qui continuera à effacer les différences de classe et qui abolira toutes les relations sociales oppressives - tout cela est un processus difficile et sanglant qui serait impossible à accomplir sans un parti révolutionnaire (un parti communiste) et des forces armées formées par le peuple pour le peuple.

 

Mais comment entreprendre un tel processus ? Un nouveau mouvement communiste dont l’essentiel du programme est de mener une révolution authentique émergera-t-il de ces grands mouvements ? Telles sont les questions urgentes auxquelles les révolutionnaires de ces pays peuvent et doivent répondre.

 

Les manœuvres des différentes forces politiques et sociales voulant fixer les résultats de la lutte

 

Lorsqu’il est devenu certain pour les puissances impérialistes qu’elles ne pouvaient plus sauver leurs clients Ben Ali et Moubarak, celles-ci ont soudainement commencé à soutenir les « peuples » tunisien et égyptien afin d’être en mesure de circonscrire la crise politique à ces pays et de prendre le contrôle et de mener la « transition » vers un nouveau régime. Obama a exprimé sa joie suite à la chute de Moubarak. Sarkozy a annoncé son intention de « toujours » maintenir la France du côté des peuples arabes et de se tenir debout face aux régimes réactionnaires de ces pays ! Ces gens ne connaissent aucune limite au mensonge et à la tricherie. À l’heure actuelle, sous prétexte « d’interventionnisme humanitaire », ils ont envahi la Lybie et sont en train de mettre en place un régime post-Kadhafi en assemblant d’ex-généraux et d’ex-ministres corrompus de Kadhafi qui ont vite abandonné le navire en perdition. En gros, les forces réactionnaires de ces pays et les impérialistes sont occupées à réduire au minimum le rôle des masses et à bloquer le développement de leur conscience et d’un mouvement pour un changement radical.

 

En Tunisie, les restes du régime Ben Ali essaient de garder leur poste. En Égypte, l’armée, qui était le pilier du régime de Moubarak essaie de maintenir en place le système de Moubarak sans ce dernier. Au cours des trente dernières années, cette armée s’est préoccupée de préserver l’existence d’Israël, de réprimer le peuple égyptien et d’ouvrir la voie au néolibéralisme économique délirant qui a mené à la fois à un accroissement sans précédent de la pauvreté et du chômage et à l’accroissement incroyable de la richesse des capitalistes liés à l’état.

 

D’autres forces sociales réactionnaires tels les Frères musulmans essaient également de profiter du mouvement du peuple en concluant de nouveaux accords avec les factions dominantes des classes dirigeantes. Il est vrai que la force et l’influence des fondamentalistes islamistes en Égypte n’est pas celle des fondamentalistes islamistes en Iran durant la révolution de 1979. Mais ces réactionnaires peuvent conclurent un accord avec les impérialistes et Israël - qui essaie désespéramment de maintenir la « stabilité » en Égypte et de prévenir la propagation de l’incendie aux autres pays de la région - et ainsi surgir du fond de leur nécropole historique et devenir les maîtres de la population. Les puissances américaine et européennes sont en négociation avec les chefs de ce parti et ils leur offrent de prendre part au gouvernement en échange d’une « diminution » de leur islamisme qui les verrait émuler l'AKP (Parti de la justice et du développement) turque. Du point de vue des impérialistes, cette « diminution » ne concerne pas le programme social des Frères musulmans, mais bien, plutôt, l’acceptation de deux choses. Premièrement, la reconnaissance des accords de Camp David avec Israël qui garantie le statut actuel du Canal de Suez - deux pivots de la dépendance politique et militaire de l’Égypte envers le système impérialiste mondial. Deuxièmement, ne pas faire obstacle aux capitaux étrangers dans les différents secteurs de la production et du tourisme, soit les chaînes qui attachent l’Égypte au système capitaliste mondial.

 

Les événements en Égypte montrent qu’il est absolument nécessaire, pour prévenir la destruction d’un mouvement populaire ayant le potentiel de mener à une révolution authentique, de critiquer la religion en tant que structure d’oppression et d’exploitation et de populariser cette critique. Pour combattre l’ancien système, il faut défier le programme politique, économique et idéologique des Frères musulmans et des autres structures politiques islamiques au Moyen-Orient (comme les meneurs du Mouvement vert en Iran, du Hamas en Palestine et du Hezbollah au Liban etc.) Aujourd’hui, nous pouvons voir, chez les jeunes militants des pays arabes, cette conscience poindre et il est significatif que des mouvements de femmes en Tunisie aient demandé la séparation de la religion et de l’état.

 

Il est très important de connaître les moyens complexes que les impérialistes et les ennemis de classe utilisent. Les impérialistes et les classes dirigeantes réactionnaires du tiers-monde sont des habitués lorsque vient le temps d’empêcher les mouvements populaires de remporter la victoire. Quand et où ils ne peuvent réprimer ces mouvements, ils mettent de l’avant différentes combinaisons de forces de la vieille garde au nom du « changement » et ils ramènent graduellement la situation ancienne. Ils font aussi appel à l’aide des forces politiques bourgeoises qui, sous le régime antérieur, étaient dans « l’opposition ». Parfois, même les forces révolutionnaires qui ont combattu durant plusieurs années pour le renversement d’états réactionnaires et qui ont fait d’immenses sacrifices tombent dans le piège de la supposée « solution démocratique » et, ce faisant, légitiment le processus réactionnaire et impérialiste de « transition » et aident ainsi à réparer l’ordre ancien qui avait été abattu.

 

Souvenons-nous du processus que les forces des classes bourgeoises et impérialistes locales ont mis en place aux Philippines dans les années 80 ainsi qu’en Indonésie dans les années 90. Aux Philippines, Marcos, haï de tous et, en Indonésie, Suharto, tout aussi détesté, ont été renversés. Ces deux hommes étaient à la tête de deux régimes sanglants, corrompus et réactionnaires qui, de plus, étaient à la solde de l’impérialisme. Les masses populaires - les travailleurs, les paysans et les intellectuels - se sont soulevés contre ces tyrans. Cependant, les forces réactionnaires et bourgeoises qui s’opposaient également au régime ont sauté dans la mêlée politique et ont conclu une entente avec les impérialistes, gagnant une part du pouvoir politique qui, en retour, a été utilisé pour induire une « transition » en faveur des impérialistes et des grands capitalistes et propriétaires fonciers de ces pays. La révolution iranienne a aussi sombré dans une horrible contre-révolution à cause de la coopération des impérialistes, des fondamentalistes islamistes et des forces bourgeoises nationalistes.

 

Si, en 1979, les travailleurs, les paysans, les femmes, les jeunes et les intellectuels de l’Iran avaient eu un parti tel que le Parti Bolchévique  mené par Lénine (durant la Révolution d’octobre de 1917) ou le Parti Communiste chinois mené par Mao Tse Tong (durant la révolution chinoise qui a remporté la victoire en 1949 après plusieurs années de guerre révolutionnaire) ; si le peuple avait eu un tel parti qui aurait pu unir une partie des masses conscientisées derrière un programme d'une nouvelle révolution démocratique et socialiste et, avec l’aide de ce parti, s’il avait organisé une armée rouge afin de réduire en miettes l’ancien état et, surtout, son pilier militaire, et s’il avait mis en déroute les fondamentalistes islamistes, l’Iran et même le Moyen-Orient dans son ensemble seraient, aujourd’hui, radicalement différents.

 

Les dernières années ont également eu leur lot d’expériences amères. Au Népal, les forces révolutionnaires, sous la bannière du Parti Communiste népalais (maoïste), ont mené dix années de guerres populaires inspirantes depuis 1996. Mais, après avoir renversé la monarchie, elles ont conclu un accord avec les forces impérialistes, réactionnaires et bourgeoises du Népal et elles ont participé au jeu politique. Elles ont, de cette manière, contribué à rétablir l’ancien système, mais sous un autre nom, celui de « République ». La situation des masses népalaises qui ont fait de grands sacrifices durant dix ans n’a pas changé et ce pays reste aujourd’hui aux mains du système capitaliste mondial et des classes capitalistes et propriétaires locales, tout comme les autres pays de la région.

 

Ces expériences montrent que toutes les « voies mitoyennes » mènent nécessairement au rétablissement de l’ordre ancien sous de nouveaux noms. Les pays du Moyen-Orient ont assez fait l’expérience des « voies mitoyennes ». Il est maintenant temps de mettre la révolution - la vraie - au centre de la scène de cette région.

 

Les expériences euphoriques de révolutions victorieuses n’ont pas de frontières, pas plus que les expériences amères des révolutions écrasées. Elles sont des expériences internationales parce que les classes prolétaires et bourgeoises sont elles-mêmes internationales. Il n’y a pas de raisons de refaire l’expérience des défaites. Aujourd’hui, les peuples de la région observent la Tunisie et l’Égypte afin de voir si leur peuple pourra finalement vaincre « le mauvais sort de la défaite » et mettre en œuvre de véritables révolutions.

 

Les illusions de la classe moyenne

 

Les tendances et les perspectives des choses des classes moyennes constituent toujours un grand poids sur les mouvements sociaux. Ces classes tendent généralement vers des « solutions » moyennes. Elles s’opposent au renversement révolutionnaire de la totalité de l’état et veulent circonscrire les mouvements à la seule « réforme » des structures politiques d’un système inchangé. Elles craignent une radicalisation des mouvements populaires ainsi que l’émergence d’un leadership communiste. La domination d’une idéologie contre-révolutionnaire partout sur Terre a, depuis 40 ans, grandement renforcé ces tendances. Les puissances impérialistes voient cela d’un bon œil et elles ont contribué au développement de ces tendances. Les offensives idéologiques anti-communistes menées par les impérialistes et leurs serviteurs intellectuels se sont intensifiées et elles ont aidé à répandre l’idée réactionnaire et impérialiste de « mort du communisme ».

 

Aujourd’hui, bien que le capitalisme ait révélé tous ses visages honnis, particulièrement sous guise de mondialisation néolibérale ; bien que le fondamentalisme islamiste ait dévoilé ces intentions haineuses et bien que les forces nationalistes aient fait la démonstration de leur incapacité à mener à bien le moindre changement en faveur des masses opprimées et exploitées, tous continuent de crier sur tous les toits la « mort du communisme ».

 

Les représentants politiques de la classe moyenne vont, tôt au tard, toujours s’allier aux partis politiques réactionnaires au pouvoir et aux impérialistes. Et, ce faisant, ils vont toujours argumenter : « nous n’avons pas le choix en ce moment. » Un exemple est le « Mouvement vert » en Iran, mouvement qui est apparu en 2009 dans la foulée des fraudes électorales perpétrées par la bande au pouvoir d’Ahmadinejad contre le soi-disant mouvement de « réforme » de la République Islamique. Le ralliement d’une partie du leadership du régime à ce mouvement démontre encore une fois comment les classes moyennes se soumettent toujours au courant réactionnaire et essaient ainsi d’amener avec elles l’ensemble du mouvement populaire. Le résultat de la domination de cette tendance sur n’importe quel mouvement : la mort de ce dernier en tant que mouvement libérateur et émancipateur.

 

Les tendances politiques qui ne sont qu’un concentré des sentiments et de la vision des classes moyennes essaient consciemment de limiter les révolutions à la seule chute des « dictateurs ». Mais l’on devrait pourtant s’interroger : des dictateurs comme le Shah, Marcos, Suharto et d’autres n’ont-ils pas été renversés ? Oui, mais leur système et les classes sociales de l’état leur ont survécu ! Renverser ces « dictateurs » est très important parce qu’ils sont l’incarnation concentrée du système dirigeant. Mais ils ne sont pas le système dans son ensemble. Si leur système et structure de l'Etat restent intactes, un autre dictateur viendra tôt au tard. On ne devrait pas réduire la « tyrannie » aux seuls individus despotiques qui ne sont que le symbole de ce système. La totalité de ces systèmes constitue la tyrannie des classes capitalistes. Et leurs états ne sont que des états où règne la tyrannie des classes dirigeantes sur les classes prolétariennes, paysannes et autres.

 

De nos jours, dans la plupart des pays du monde, l’absence d’un pôle communiste révolutionnaire à l’intérieur des soulèvements sociaux constitue le plus important obstacle sur la route devant mener à la transformation de ces soulèvements en véritables mouvements révolutionnaires. Cet obstacle ne peut être surmonté en adoptant des « solutions » moyennes. Même à l’échelle « tactique », la meilleure solution à ce problème est de développer un pôle communiste au cœur des soulèvements actuels. Il ne faut pas remettre cette tâche à un moment « plus favorable et ultérieur ».

 

Un mouvement communiste, une nécessité urgente

 

Aujourd’hui, les impérialistes et un spectre de différentes forces de classe essaient d’empêcher la transformation de la crise politique actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en une crise révolutionnaire. Qu’est-ce que notre classe - le prolétariat - fera ?

 

La tâche la plus importante et la plus urgente du prolétariat est de proposer ses solutions communistes et d’ouvrir la voie.

 

Depuis plusieurs décennies, les forces communistes du Moyen-Orient ont, la plupart du temps, essayé de gagner l’appui des masses en étant démocrate et non pas en propageant audacieusement les théories et politiques communistes et en bâtissant des points d’appui communistes parmi les travailleurs, les masses urbaines et rurales, les femmes opprimées, les jeunes rebelles et les étudiants militants. C’est pourquoi nous pouvons affirmer que, la plupart du temps, nous communistes n’avons pas été communistes. En revanche, les fondamentalistes islamistes, dont la conception de la société est réactionnaire et sombre, ont, eux, propagé avec passion leur idéologie et leurs valeurs sociales. Bien sûr, il faut garder à l’esprit que, la plupart du temps, les fondamentalistes ont eu le soutien des impérialistes et d’Israël tandis que les communistes ont toujours dû travailler dans la clandestinité tout en étant pourchassé. Néanmoins, nous ne devons pas oublier une vérité historique : les forces communistes sont devenus un pôle social important et elles ont pris racine parmi les opprimés et les exploités de la classe ouvrière seulement quand elles n’ont pas caché leurs idées et qu’elles ont audacieusement mis cartes sur table quant à leur programmes sociaux et à leur stratégie politique pour s’emparer du pouvoir. Et qu’elles ont travaillé fort pour cela. Les masses opprimées et exploitées nous jugent - nous, communistes - selon nos idées, nos programmes visant à bâtir une société et un monde meilleur et non selon notre « démocratisme» et notre compassion envers leur gagne-pain. La présentation et la propagation de notre point de vue communiste, notre programme, et du chemin que nous comptons  suivre n’est pas une tâche pour l’avenir. C’est une tâche cruciale et urgente pour ouvrir une voie différente de celles proposées par les impérialistes, les réactionnaires et les forces bourgeoises.

 

Les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont subi des formes les plus cruelles de colonialisme et d’impérialisme ; ils ont connu la faillite du nationalisme sous toutes ses formes : Mossadeghisme, nassérisme, baasisme et Arafatisme ; ils ont fait l’expérience du fondamentalisme islamiste qui a usurpé les mouvements anti-impérialistes de la région et qui a ensuite servi au peuple une culture et des relations sociales réactionnaires et moyenâgeuses au nom du « chemin de l’émancipation ».

 

La vérité la plus éclatante que démontre le Moyen-Orient depuis plusieurs décennies est que sans un mouvement communiste, sans la présence d’un pôle communiste au sein de la société, les masses populaires ne peuvent développer la conscience nécessaire pour savoir pourquoi le système politique et socioéconomique du capitalisme (que ce soit sous la forme d’une république séculaire, d’une monarchie, d’un régime militaire ou islamique) commet des crimes sans nombre. Elles ne peuvent, non plus, comprendre la signification d’un nouvel ordre social. De plus, sans la conscience nécessaire, elles ne peuvent évaluer la véritable nature des forces politiques actives, de leurs énoncés et de leurs promesses. Sans un mouvement communiste (et nous entendons ici un mouvement communiste révolutionnaire qui se tient debout face au système dirigeant et non les soi-disant partis communistes qui ne sont que des éléments du système) les masses populaires ne seront jamais capables d’envisager un système politique et socioéconomique radicalement différent. Elles ne seront jamais capables de connaître la véritable histoire des révolutions socialistes du vingtième siècle en Russie et en Chine ainsi que les transformations incroyables qu’elles ont causé.

 

Pour qu’il y ait révolution, il doit y avoir un parti révolutionnaire

 

Pour mener la lutte pour la révolution, il doit y avoir un centre politique, mais pas n’importe lequel. Il doit y avoir un centre avec un programme révolutionnaire - un centre qui fasse les démarches nécessaires d'aujourd'hui pour faire la révolution. Le prolétariat et les masses opprimées et exploitées ne peuvent arpenter le chemin tortueux de la révolution sans leur propre leadership politique et un parti politique pour ce faire. Ils ne peuvent jamais voir et analyser les intérêts de classe sous-jacents aux fourbes promesses et aux énoncés trompeurs des partis politiques existants en se fiant uniquement à leurs intuitions. Un parti communiste n’est pas une secte ou un simple regroupement politique. C’est une vision du monde, un programme sociopolitique. C’est une voie.

 

Un parti communiste est le parti d’une classe. Le prolétariat est la classe dont dépend le fonctionnement de nos sociétés oppressives pour le travail. Et le prolétariat lui-même est victime du fonctionnement de ce système.

 

C’est pourquoi le prolétariat n’a, en renversant complètement ce système, rien d’autre à perdre que ses chaînes. Mais les membres individuels du prolétariat n’ont pas conscience de cette vérité. Plusieurs d’entre eux ont tendance à se réfugier sous l’aile des partis bourgeois. Nous devons êtres honnêtes et francs avec les masses populaires. Nous devrions leur montrer leurs illusions et leur indiquer qu’un faible niveau de conscientisation pousse toujours le peuple à aider, honnêtement et innocemment, ses propres ennemis.

 

Conscientiser les opprimés et les exploités et les organiser afin de mettre en œuvre la révolution prolétarienne est la tâche des partis prolétaires.

 

De plus, une révolution prolétaire ne peut obtenir la victoire sans un large front, une union de toutes les classes et strates mécontentes. Tous ceux qui sont dégoûtés par ce système peuvent trouver une place sous la bannière de la révolution prolétarienne et s’unir avec ce dernier sans devenir eux-mêmes des communistes. À la place du prolétariat qui s’unit aux programmes démocratiques bourgeois et aux autres courants de mécontents,  il faudrait que tous ces gens s’unissent pour un programme de Nouvelle Révolution Démocratique. Oui, il faut un front! Mais il faut que la stratégie politique fédérant ce front soit claire, tout comme la voie qui sera empruntée et le but, le programme social qui sera mis de l’avant. En d’autres mots : quelle classe fédérera ce front ?

 

Allons à l’encontre de la vague anti-communiste et antiparti communiste qui domine actuellement le monde. Mettons l’accent sur le fait que les masses populaires ont besoin d’un leadership communiste. Parce que seuls les communistes proposent la vraie solution qui émancipera les masses. Arrachons la cage que les impérialistes et les réactionnaires ont mis sur les rêves de libération du peuple et annihilons les arguments vides de sens tels : étape par étape, après un changement démocratique, après avoir renversé les dictateurs, etc.

 

La Révolution derechef; Le besoin pour une saisie du pouvoir par la Révolution

 

Aujourd’hui, les communistes révolutionnaires des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont faibles et en minorité. Cependant, si ces petites forces font une synthèse correcte des expériences des révolutions socialistes en Russie et en Chine au cours du vingtième siècle et, faisant le bilan des réussites extraordinaires aussi bien que des faiblesses importantes de ces révolutions, en arrivent à une compréhension plus étoffée de la nature et des configurations des sociétés socialistes à venir et des états de la dictature prolétarienne tout en analysant les changements qui se sont produits au sein des structures socioéconomiques des différentes sociétés dans la région et qu’ils utilisent ces analyses pour concevoir une stratégie révolutionnaire gagnante pour ces sociétés, alors, ces petites forces pourront grandement influencer la situation objective.

 

Notre tâche n’est pas déterminée par la situation existante. Toute situation est pleine de contradictions et peut changer grâce à l’action révolutionnaire. D’audacieuses initiatives par les forces communistes révolutionnaires, en autant qu’elles soient fondées sur des dynamiques objectives en action, peuvent avoir un impact marqué sur et transformer la situation tout en changeant les configurations de la scène politique en faveur d’une authentique révolution.

 

Il est clair que les révolutionnaires ne peuvent mener la révolution comme ils l’entendent en se fondant  sur la seule volonté. Mais il est également clair que, étant donné le contexte idéologique actuel, contexte résultant de plusieurs décennies de campagnes internationales annonçant la « mort du communisme » et la « mort de la révolution », le principal danger n’est pas celui d’un excès de volontarisme révolutionnaire. Le « réalisme » est la nouvelle saveur du jour. Le report de la révolution et de la stratégie révolutionnaire aux calendes grecques est la façon de le faire. Cèder aux « réformes démocratiques » est la mode de la saison. Faire des concessions aux voix « démocratiques » et appeler les communistes au silence et à l’embourgeoisement démocratique est la chose à faire.

 

Mais les communistes ne peuvent ni ne doivent suivre cette mode parce que des millions de personnes sont entrées dans l’arène politique et sont à la recherche d’une voie. Elles sont à la recherche d’un futur signifiant, un futur que seul rendent possible les transformations révolutionnaires socialistes.

 

Au-delà des Révolutions Socialistes du 20ième siècle

 

Les communistes du monde entier, de concert avec les communistes de Tunisie, d’Égypte, de Syrie, de Palestine… ont l’obligation morale de faire savoir que le socialisme est un million de fois mieux que le capitalisme et que le communisme, qui est le but final et le cadre ultime du socialisme, est des centaines de fois mieux que le socialisme. Les révolutions socialistes du vingtième siècle ont été de grands triomphes pour l’émancipation de l’humanité. Sous le leadership des communistes révolutionnaires et par la révolution socialiste, la Chine s’est libérée. Avant cela, le pays avait des centaines de millions de paysans affamés vivant dans la servitude, les femmes étaient esclaves des hommes et les grandes villes comme Shanghai étaient divisées entre les puissances coloniales française, britannique, allemande et les restaurants arboraient des signes où était écrit : « Interdit aux chiens et aux Chinois »! Avant la révolution socialiste de 1917, la Russie était aux prises avec un système féodal inhumain et elle était dirigée par le despotisme du tsar. L’oppression nationale était si répandue et si féroce que l’on disait de la Russie qu’elle était la « prison des nationalités ». Les travailleurs des usines tombaient comme des mouches, fauchés par la tuberculose dans leur taudis. Avant la révolution socialiste, la Chine était aux mains du colonialisme et du féodalisme. C’était un pays affamé, rétrograde obnubilé par la religion et la superstition. La révolution a effacé toutes ces cicatrices en quelques années. Grâce à la révolution socialiste, la Russie et la Chine ont accompli en quelques années ce que les pays européens ont fait en quelques siècles. Comparez ces changements incroyables avec les mouvements anticoloniaux des années 50 et 60 en Asie et en Afrique qui étaient menés par des forces nationalistes. Ces mouvements ont créé un grand enthousiasme et un immense espoir mais n’ont jamais pu déraciner les rapports de force féodaux et rétrogrades. Pas plus qu’ils n’ont pu rompre avec le système capitaliste mondial. Et après ces luttes épiques et ces immenses sacrifices consentis par le peuple, les systèmes d’oppression et d’exploitation ont été restructurés sous de nouveaux masques. Ou regardons le cas de l’Iran. Les forces politiques islamistes ont sauté sur le dos du mouvement antimonarchique du peuple et ont exploité ce dernier pour arriver jusqu’au pouvoir. Ils n’ont pas seulement sauvegardé les bases du même système, ils l’ont empiré. La différence entre les révolutions socialistes et les autres « révolutions » est qualitativement immense. Cette vérité doit être reconnue et audacieusement propagée dans les consciences des masses.

 

Mais il faut aussi reconnaître que ces pays socialistes n’ont pas été capables de vaincre l’endurance et la régénération des rapports bourgeois, pas plus qu’ils n’ont pu survivre face à l’encerclement par le système capitaliste mondial. Le capitalisme a finalement été restauré dans ces pays et le socialisme enterré. La Chine d’aujourd’hui est devenue une des sociétés les plus oppressives et exploitantes de la Terre. La question n’est pas de savoir si le socialisme est un système social supérieur. La question est de savoir comment nous bâtirons les sociétés socialistes du futur mieux que celles du vingtième siècle. Comment éviter le danger de la reproduction des rapports de force exploitants et oppressifs et comment protéger ces sociétés des attaques de la bourgeoisie et du système capitaliste mondial tout en s’assurant que ces sociétés demeurent vibrantes et dynamiques.

 

Quelle sorte de Révolution sous quel type de leadership

 

Plusieurs jeunes militants des pays arabes ont, au cours des derniers mois, compris le fait que le système (constitué des institutions et des chefs politiques et économiques) ne changera pas ses manières exploitantes et oppressives. Ils se questionnent donc à propos de « ce qu’il faut faire ? ». La réponse devrait être fournie par les forces communistes de ces pays. Si ce problème n’est pas réglé, l’énergie et l’espoir des jeunes qui sont l’âme de ces soulèvements vont, tôt ou tard, disparaître. Et les gagnants de la « partie » seront, nécessairement, les forces des classes qui manient l’idéologie et le programme social de leur classe et qui organisent et mobilisent leur base sociale autour de cette idéologie et de ce programme social.

 

De l'autre côté, si la jeunesse révolutionnaire est mise en contact avec une conception communiste et en fait le cadre de leurs luttes, les mouvements de cette région connaîtraient un changement qualitatif significatif et de grandes opportunités révolutionnaires seraient à portée de main. Comment continuer la lutte ? Avec quels buts ? De quel type de révolution a-t-on besoin et qu’est-ce qu’un leadership révolutionnaire ? Comment dépêtrer ces sociétés de la toile de l’impérialisme et comment mettre sur pied un nouveau système politique, économique et social en tenant compte de l’encerclement par l’impérialisme mondial ?

 

Voilà les types de questions auxquelles tout parti révolutionnaire devrait répondre. Un parti ayant pour but de faire la révolution devrait analyser les limites et les illusions des mouvements actuels et enflammer l’ardeur des masses afin de les amener à défier la totalité du système. Et ainsi ouvrir la voie au développement et à la propagation d’une tendance communiste au sein de cette région.

 

De façon générale, on pourrait dire que les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont besoin du type de révolution que Mao a nommé « Nouvelle Révolution Démocratique ». C’est une révolution menée par le prolétariat et son parti d’avant-garde. Elle rompt les chaînes du féodalisme et les liens unissant la société au système capitalisme mondial et établit le socialisme. Cette révolution met en œuvre une nouvelle politique démocratique, une nouvelle économie démocratique et une nouvelle culture démocratique afin d'ouvrir la voie à la création d'une société socialiste, une société qui combat à l’aune du communisme mondial. Dans cette société, la production se fera d’une manière telle qu’elle règlera les problèmes de pauvreté et de divisions, pour le plus grand bien de centaines de millions de travailleurs, de paysans, d’enseignants et de chômeurs. Elle ne sera plus au service de l’accumulation de la richesse par les bandes de malfaiteurs qui dirigent et par leurs aides. Dans notre société, l’oppression des paysans par le propriétaire, des travailleurs par les capitalistes, des femmes par les hommes et des petits pays par les grands, cette oppression disparaîtra. La culture de soumission sera remplacée par une culture de la liberté d’expression et de rébellion contre l’injustice et tout ce qui est réactionnaire. La superstition sera remplacée par une conception scientifique et par la recherche de la vérité et on utilisera ces forces pour changer le monde. Le but de cette révolution n’est pas d’obtenir une égalité de droits à l’intérieur de l’ordre impérialiste mondial, ce qui n’est de toute façon pas possible pour les pays ayant des structures dépendantes et dominées. Le développement économique mené par la Banque Mondiale et par le FMI dans cette région et partout ailleurs est contre le peuple, il est exploitant et oppressif. Nous ne pourrons pas jeter les fondements d’une nouvelle économie servant les besoins du peuple et le développement d’une économie nationale cohérente et non à sens unique sans rompre les liens de dépendances au système capitaliste mondial. La Nouvelle Démocratie est une courte période transitoire vers une société radicalement nouvelle - le socialisme. Le socialisme peut seul nous séparer du capitalisme mondial. Le développement économique de cette société à venir ne sera pas déterminé par la « main invisible du marché », mais bien par l’état socialiste et par les masses populaires. Que produire, comment, pour qui et pour quoi, on donnera à ces questions des réponses claires avec un caractère de classe défini. L’initiative collective des travailleurs, des paysans et des professionnels de la société sera décisive pour le développement de la nouvelle économie, il ne sera plus question de l’importation de technologies et de capitaux étrangers.

 

L’économie pourra compter sur la mobilisation sociale et elle répandra les valeurs socialistes et internationalistes. Concrètement, tous les aspects du développement et de l’organisation économique ainsi que de l’organisation du travail seront déterminés selon un but simple : abolir les distinctions de classe, les relations de production exploitantes et les distinctions sociales comme l’oppression des femmes et des nationalités, de même que les développements régionaux inégaux.

 

De la possibilité d’une Révolution

 

Ces petites forces qui ont été capables de réveiller et d’organiser une section du peuple peuvent aussi défaire les forces apparemment invincibles des états réactionnaires et des puissances impérialistes, et mener la révolution à la victoire. Le fonctionnement du système capitaliste intensifie ses contradictions et le plonge dans de sévères crises. Une crise peut se répandre aux quatre coins de la Terre et élargir significativement les fissures des institutions et des structures dirigeantes. En peu de temps, les crises révéleraient la réalité de l’horrible exploitation de centaines de millions et pousseraient ceux-ci à l’action. Les crises révéleraient rapidement la nature réactionnaire de partis politiques trompeurs et détruiraient leur légitimité aux yeux du peuple. Les crises intensifient les conflits internes parmi les ennemis. Tout cela, en conjonction, rendrait très difficile, sinon impossible, le contrôle de la situation par les classes dirigeantes. Dans ces conditions, de petites forces réellement révolutionnaires, qui ont un programme de changements politiques, économiques et culturels, peuvent devenir le cœur des masses en colère et peuvent faire adopter leur programme par ces masses prêtes à combattre de toutes leurs forces.

 

Nous vivons à une époque pleine de défis. Le système capitaliste commet des crimes à une échelle inouïe et sa corruption se révèle chaque jour davantage. Le capitalisme balaie constamment les frontières et déplace de larges populations d’un coin à l’autre de la planète et les jette dans sa marmite bouillonnante. Où que soient les prolétariens - dans les cryptes de Dubaï, dans les ghettos américains ou dans les mines chinoises, dans les raffineries françaises ou dans les champs d’extraction pétrolière d’Ahwaz, de Lybie, d’Algérie, quelle que soit la nationalité nous sommes: bengalis, pakistanais, kurdes, palestiniens, égyptiens, kabyles, arabes, turcs ... nous ne sommes qu'une classe mondiale unique.

 

Nous sommes tous esclaves du système capitaliste mondial. Unissons-nous et mettons de l’avant le communisme et la révolution, mettons-les au cœur de cette région et soyons les messagers de l’émancipation de l’humanité. Célébrons le nouveau chapitre ayant été ouvert par les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et couronnons ce chapitre du drapeau rouge de l’internationalisme prolétaire.

 

Parti Communiste d’Iran (Marxiste-léniniste-Maoïste) - mai 2011

www.sarbedaran.org

      
 
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 D’Iran à nos camarades révolutionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord.
 در تاريخ
 2011-05-20
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